Étude de cas

Six panneaux pour 470 bêtes :
l'abreuvement solaire en estive

Dans les Pyrénées béarnaises, un groupement pastoral conduit chaque été 470 bêtes sur son estive. La source captée se trouve en fond de vallon, 45 mètres sous les abreuvoirs. Sans ligne électrique ni piste d'accès, le système doit couvrir le besoin du troupeau avec un équipement transportable à pied.

Pyrénées béarnaises, France Cheptel : 60 bovins, 400 brebis, 10 chevaux Saison d'estive : juin à septembre Dénivelé 45 m · 300 m de tuyau Ni réseau, ni piste carrossable
Le projet

Les contraintes de l'estive

Chaque été, le troupeau du groupement quitte les granges pour l'herbe d'altitude. L'eau ne manque pas à la source, en contrebas ; elle manque là où pâturent les bêtes. Les étés secs, la corvée d'eau devient quotidienne : descendre, remplir, remonter. L'objectif tient en une phrase : que la source remplisse d'elle-même, au fil du soleil, la tonne à eau et les bacs du replat.

470 bêtes60 bovins, 400 brebis et 10 chevaux : le troupeau réuni par le groupement pastoral pour la saison
45 mle dénivelé entre le captage de la source et les abreuvoirs, 300 m de tuyau posé le long de la pente
10 m³la tonne à eau et les bacs déjà en place : à peine plus de deux jours de troupeau
0 réseauni ligne électrique, ni piste : le matériel monte à dos d'homme, l'installation doit rester simple et autonome

Un groupe électrogène imposerait un approvisionnement régulier en carburant pendant l'estive. Le pompage au fil du soleil évite cette logistique et fonctionne ici avec six panneaux et une pompe de 3,5 pouces, sans batteries.

Étape 1

Le besoin calculé depuis le cheptel

Le besoin est calculé à partir du cheptel : 60 bovins, 10 chevaux et 400 petits ruminants, selon les références FAO par animal et par jour. Le volume obtenu est de 4,7 m³ par jour. Ces références par animal sont une hypothèse de départ, à confirmer avec l'exploitant selon l'espèce, le poids et la saison. La période de pompage est limitée à la saison d'estive, de juin à septembre.

Étape cheptel dans LE LAB : 60 bovins, 10 chevaux et ânes, 400 petits ruminants saisis, saisonnalité du pompage de juin à septembre, besoin calculé de 4,7 m³ par jour sur les bases FAO

L'étape cheptel convertit le nombre d'animaux en besoin journalier et fixe la période de pompage.

Étape 2

Les données du terrain

La ville de référence d'ensoleillement est Pau, au pied des vallées béarnaises. La pompe s'immerge à 3 m dans le bassin du captage ; 45 m de refoulement vers les bacs, 300 m de tuyau le long de la pente : la hauteur totale est calculée automatiquement, 52 m. Pas d'appoint possible là-haut, et la tonne de 10 m³ est déclarée en réserve existante.

Récapitulatif de l'étude dans LE LAB : Pau, 4,7 m³ par jour, période de pompage de juin à septembre, profondeur 3 m, refoulement 45 m, 300 m de canalisation, HMT calculée 52 m, pas d'appoint électrique, réserve d'eau 10 m³

Le récapitulatif rassemble les données du terrain et la hauteur manométrique totale calculée.

Étape 3

La solution retenue : un système de 570 Wc

Une LORENTZ PS2-150 AHR-04S, pompe de 3,5 pouces à rotor hélicoïdal, alimentée par six panneaux de 95 W en trois chaînes de deux, soit 570 Wc en 24 V. Production sur la saison : 5,2 à 5,8 m³ par jour pour 4,7 demandés. À l'autre bout de notre série d'études de cas, l'adduction hybride du Tchad aligne 8 755 Wc, quinze fois plus : la même application dimensionne les deux.

Solution proposée par LE LAB : pompe LORENTZ PS2-150 AHR-04S, champ solaire de 570 Wc en 6 panneaux de 95 W, production moyenne 5,6 m³ par jour

La solution en un coup d'œil. La production moyenne de la tuile, 5,6 m³ par jour, est celle de la saison d'estive : de 5,2 m³ par jour en septembre à 5,8 en juillet (étape 4).

Pourquoi un rotor hélicoïdal ? Cette technologie convient aux petits débits sous forte hauteur : le point de fonctionnement atteint 0,6 m³/h à 52 m avec un champ de 570 Wc. La sonde protège la pompe contre la marche à sec et le flotteur l'arrête lorsque la réserve est pleine ; le fonctionnement est automatique.
Étape 4

La production, calée sur la saison d'estive

Sur seize années d'ensoleillement du piémont pyrénéen, les quatre mois d'estive dépassent le besoin : 5,7 m³ par jour en juin, 5,8 m³ en juillet, 5,6 m³ en août et 5,2 m³ en septembre, mois critique de la saison. Les mois d'hiver sont hors période de pompage et n'interviennent pas dans le dimensionnement.

Production mensuelle estimée face au besoin de 4,7 m³ par jour : les quatre mois de juin à septembre au-dessus de la ligne, mois critique septembre à 5,2 m³ par jour, angle optimal 38 degrés

Le dimensionnement porte sur la période de pompage déclarée ; septembre est le mois de référence le plus défavorable de la saison.

Rendement quotidien d'une journée type d'août : débit heure par heure, plateau à 0,6 m³/h de 9 h à 15 h, 5,8 m³ produits, besoin de 4,7 m³ couvert avec 24 % de marge

La journée type d'août : un plateau à 0,6 m³/h de 9 h à 15 h, 5,8 m³ montés vers les bacs. Pendant que le troupeau pâture, la tonne se remplit.

Étape 5

Couverture obtenue avec la réserve de 10 m³

LE LAB simule la réserve d'eau jour par jour sur seize saisons d'estive. Avec la réserve de 10 m³, 121 des 122 jours sont entièrement couverts. Le jour incomplet restant atteint en moyenne 70 % du besoin, pour un déficit total de 2 m³ sur 573 m³, soit 0,3 %. L'épisode le plus défavorable correspond à neuf jours de faible ensoleillement, du 11 au 19 juin 2010.

Bloc autonomie et réserve d'eau : 121 jours sur 122 de la saison couverts avec la tonne de 10 m³, 1 jour incomplet livrant 70 % du besoin, volume manquant 2 m³ sur 573 par saison, repères 11 m³ et 19 m³

Une réserve de 11 m³ ramènerait les jours incomplets à un par saison au plus ; 19 m³ couvriraient chaque jour des seize années simulées.

Interprétation du résultat. Les périodes de faible ensoleillement peuvent coïncider avec des températures plus basses, une consommation animale réduite et des apports d'eau naturels. Ces éléments ne sont pas intégrés au besoin journalier de référence et doivent être appréciés avec les conditions d'exploitation de l'estive.
Étape 6

Les courbes constructeur, au point de fonctionnement réel

Les courbes Q/H issues des données officielles LORENTZ indiquent 0,6 m³/h à 52 m, au maximum de la pompe. La AHR-04S accepte jusqu'à 0,8 m³/h et 60 m ; le point de fonctionnement se situe donc près de la limite de cette petite gamme.

Courbes constructeur de la pompe PS2-150 AHR-04S : débit selon la puissance disponible par hauteur manométrique, point de fonctionnement 0,6 m³/h à 52 m au maximum de la pompe

Débit selon la puissance disponible, par hauteur manométrique. La courbe jaune est celle du projet, à 52 m.

Ce que ce cas montre

Les points de décision

470 bêtesle besoin est calculé depuis le cheptel, selon les références FAO par animal et par jour
570 Wcle plus petit système de la série : six panneaux de 95 W et une pompe de 3,5 pouces
16 annéesla production et la tonne à eau sont éprouvées jour par jour sur seize saisons d'estive d'historique météo PVGIS
Points de vigilancele jour incomplet, l'épisode défavorable de juin 2010 et les mois hors saison sont distingués

Étudier un projet comparable

Rejouez cette étude avec vos propres chiffres : localisation, cheptel, source ou forage. Gratuit, sans inscription, résultat en quelques minutes.